
As a french scientific artist, I work in the wake of the natural and human sciences for nearly 20 years, and this is a double thread.
As a naturalist illustrator, my work is at the service of science for its popularization, mediation, and dissemination. As both an artist and a sketchbook reporter, I draw from the encounters and knowledge I have gained through collaborations with various research actors to develop more personal work. I am particularly interested in the “dead angles of science.” Through my work, I seek to reflect on my scientific practice through the lens of epistemology and the history of science, and I try to observe science with some distance, questioning its objectivity and the fairness of its methods, as well as its intellectual mechanisms, while also questioning the boundaries between different fields of knowledge.
Since 2019, I have been realizing one of my dreams: to participate in the paleontological excavations of Angeac-Charente (coordinated by the Angoulême Museum and the french National Museum of Natural History), where I use as much the trowel as my pencils. On site, I have the chance to observe and transcribe, in my sketchbooks, the unique atmosphere of a multidisciplinary and cross-generational team composed of researchers, students, technicians, illustrators, and curators, all working together to advance scientific discoveries. Over the years, I have become particularly interested in the work of paleontologist Léo Rozada. He allowed me to follow all the stages of his scientific work (from the process of fossil extraction to the study and description of new species), which I retrace through drawing to document and tell the story in my sketchbooks.
Thanks to a USk Reportage Grant, I can continue to deepen my approach. The grant allowed me to travel to England and trace the history of paleontology and the sketchbook from its origins in London. There, I drew the first fossils discovered and described by the earliest paleontologists.
Artiste scientifique, je travaille dans le sillage des sciences naturelles et humaines depuis près de 20 ans, et ce à double titre.
En tant qu’illustratrice naturaliste, je mets mon travail au service de la science pour sa vulgarisation, sa médiation et sa diffusion. En tant qu’artiste et carnettiste, je puise dans les rencontres et les connaissances que j’ai acquises à la suite de mes collaborations avec les différents acteurs de la recherche pour développer un travail plus personnel où je m’intéresse aux « angles morts de la science ». À travers mes œuvres, je donne à réfléchir sur le monde scientifique par le prisme de l’épistémologie et de l’histoire des sciences, et je propose d’observer la science avec recul, en interrogeant son objectivité et l’équité épistémique ; en illustrant ses cheminements intellectuels, ses remises en question et la confrontation des différents points de vue.
Depuis 2019, je réalise tous les étés un rêve de gosse : participer aux fouilles du site paléontologique d’Angeac-Charente (coordonnées par le Musée d’Angoulême et le Muséum national d’Histoire naturelle) où j’use autant de la truelle que de mes pinceaux. En participant à ce chantier, j’ai la chance de suivre et de retranscrire, dans mes carnets, le travail d’une équipe internationale et transversale composée de chercheurs et d’amateurs, d’étudiants et de techniciens, d’ingénieurs et de conservateurs qui travaillent de concert pour faire avancer les découvertes scientifiques. Au fil des années, je me suis plus particulièrement intéressée à la démarche du paléontologue Lee Rozada. Je me suis inspirée de son étude taphonomique du site (étude des processus de la fossilisation) et de son approche réflexive sur sa pratique pour dessiner et documenter les pages de mes carnets.
Grâce à USk Reportage Grant, j’ai pu continuer d’approfondir ma démarche. La bourse m’a permis d’aller en Angleterre et de remonter l’histoire de la paléontologie et du paléoart à Oxford et à Londres. J’ai pu y dessiner les premiers fossiles découverts et décrits par les premiers et premières paléontologues.

For the clay-rich site of Angeac, the trowel is the tool of choice. It allows us to dig into the sediments while avoiding damaging the fossils within. The chisel (used with a mallet) is used to extract fossils that have previously been plastered. To avoid blisters and calluses due to the repetitive motion of the trowel, gardening gloves are essential! A Goniopholis (crocodile) jawbone was found by Héléna in our plot. Here, the fossil is isolated before being set aside. The oyster knife is also used to complement the trowel in pyrite-rich areas.
Pour le site argileux d’Angeac, la truelle est l’outil de prédilection. Elle permet de creuser dans les sédiments tout en évitant d’abîmer les fossiles qui s’y trouvent. Le burin (à utiliser avec un maillet) permet d’extraire les fossiles qui ont été au préalable plâtrés. Pour éviter ampoules et cors liés au geste répétitif de la truelle, les gants de jardinier sont indispensables ! Mandibule de Goniopholis (crocodile) trouvée par Héléna dans notre parcelle. Ici le fossile est isolé afin d’être coté. Le couteau à huître vient compléter la truelle dans les zones pyriteuses.

My very first finds, which I unearthed during my first excavation campaign in July 2019.
Mes toutes premières trouvailles, que j’ai exhumées lors de ma première campagne de fouille en juillet 2019.

Back on site!
Retour sur le chantier !


This year, in addition to the excavation site, a drilling operation is being carried out in parallel. The aim is to gain a better understanding of the region’s stratigraphy, particularly the Berriasian period, the period in which the animals at the Angeac site lived 140 million years ago.

New excavators begin by working at the “washing station,” which allows them to become familiar with the different types of fossils they will find on the site.
Les nouveaux fouilleurs commencent par travailler à la « station de lavage », ce qui leur permet de se familiariser avec les différents types de fossiles qu’ils seront amenés à trouver sur le site.



A big surprise arrived this year. Right at the start of the excavations, we discovered a new species of dinosaur, a Camarasaurus. Its pelvis and ribs were found tangled up like a pick-up stick.
Une grosse surprise est arrivée cette année. Dès le début des fouilles, nous avons découvert une nouvelle espèce de dinosaure, un Camarasaure. Son bassin et ses côtes ont été retrouvés emmêlés comme un mikado.


One of the specificities of this site is that in addition to the fossilized bones, we find many other traces of the activities of these animals, such as teeth and footprints.
Une des spécificités de ce site, c’est qu’en plus des os fossilisés, on retrouve beaucoup d’autres traces d’activités de ces animaux, comme des dents ou des empreintes.



Among the animals found on the site, there are some that are clearly identified and others more mysterious which always raise many questions, such as this large theropod from the megalosaur family.
Parmi les animaux que l’on retrouve sur le site, il y en a certains qui sont clairement identifiés et d’autres plus mystérieux qui soulèvent toujours beaucoup de questions, tels ce gros théropode de la famille des mégalosaures.

One of the mascots of the site, the old Jeep of the former curator of the Angoulême Museum, “the Bill Mobile”.
L’une des mascottes du chantier, la vieille Jeep de l’ancien conservateur du Musée d’Angoulême, « la Bill Mobile ».

The plaster casts containing the bones of the Camarasaur discovered in 2024 were divided between the Angoulême Museum and the Natural History Museum in Paris so that they could be prepared.
Les plâtres contenant les os du Camarasaure découvert en 2024 ont été répartis entre le Musée d’Angoulême et le muséum d’Histoire naturelle de Paris afin qu’ils puissent être préparés.

This is the story of a large ornithomimosaur femur, the “ostrich dinosaur,” that I discovered in 2020, which was prepared and reconstructed, then sent to the Paris Museum for a student to analyze the crocodile tooth marks that can still be seen on the fossil.
Voici l’histoire d’un gros fémur d’ornithomimosaure, le « dinosaure autruche », que j’ai découvert en 2020, qui a été préparé et reconstitué, puis envoyé au Muséum de Paris pour qu’une étudiante analyse les traces de dents de crocodiles qu’on peut toujours voir sur le fossile.

While the excavation site, which takes place every summer, is a highlight, paleontologists work year-round around the Angeac site, at the Angoulême Museum, and at the Paris Natural History Museum. Here, scientists Lee Rozada and Doumé Augier are cataloging “faceted traces” with a view to further study and new discoveries.
Si le chantier de fouilles, qui a lieu tous les étés, est un moment fort, les paléontologues travaillent toute l’année autour du site d’Angeac, au musée d’Angoulême et au Muséum d’histoire naturelle de Paris. Ici, les scientifiques Lee Rozada et Doumé Augier sont en train de répertorié « les traces facettées » en vue d’une nouvelle étude et de nouvelles découvertes.

Once the fossils are exhumed, prepared and packaged, they are carefully preserved in the collections of the Angoulême Museum.
Une fois que les fossiles sont exhumés, préparés et conditionnés, ils sont précieusement conservés dans les collections du Musée d’Angoulême.


I began my trip to England at the Oxford University Museum of Natural History, where the first dinosaur fossils, described as such in the early 19th century, are on display. These bones, attributed to a megalosaurus, were the subject of study and exchange between English paleontologists Mary Anning, William Buckland, and French paleontologist Georges Cuvier. It was later described by the eccentric William Buckland, whose bust, among other illustrious scientists, sits in the museum.
J’ai commencé mon voyage en Angleterre par l’Oxford University Museum of Natural History, où est exposé les premiers fossiles de dinosaure qui ont été décrits en tant que tel au début du 19e siècle. Ces os, attribués à un mégalosaure, ont fait l’objet d’une étude et d’échanges entre les paléontologues anglais Mary Anning, William Buckland et le paléontologue français Georges Cuvier. Il a ensuite été décrit par l’excentrique William Buckland dont le buste trône, parmi d’autres illustres scientifiques, dans le musée.

What is amusing is to note that even in the museum where paleontology began, the dinosaurs presented to the public, such as this Edmontosaurus, are all American.
Ce qui est amusant, c’est de constater que même dans le musée où a commencé la paléontologie, les dinosaures présentés au public, tel cet Edmontosaure, sont tous américains.



In London, I went to Crystal Palace Park, where I saw the first reconstructions of dinosaurs and marine reptiles, including the Megalosaurus. I was joined in this drawing session by Jimmy, one of the USk London members.
À Londres, je me suis rendue au parc du Crystal Palace, où j’ai pu observer les premières reconstitutions de dinosaures et de reptiles marins, dont celle du mégalosaure. Lors de cette séance de dessin s’est joint à moi Jimmy, un des membres USk Londres.


At the Natural History Museum in London, I was able to observe dinosaurs from the same family as those we excavate every year in the Angeac site, such as the stegosaurus Dacentrurus and the Camarasaurus.
Au Natural History Museum de Londres, j’ai pu observer les dinosaures de la même famille que ce que nous exhumons tous les ans dans le gisement d’Angeac, tels de stégosaure Dacentrurus et le Camarasaure.


In London, I was also able to draw the first fossils in the history of paleontology, including those discovered and studied by paleontologists Mary Anning and Mary Ann Buckland. For over 100 years, these women paleontologists and their contributions were erased. Today, the Natural History Museums in Oxford and London have begun work to restore them.
À Londres, j’ai aussi pu dessiner les premiers fossiles de l’histoire de la paléontologie, dont ceux découverts et étudiés par les paléontologues Mary Anning et Mary Ann Buckland. Durant plus de 100 ans, ces femmes paléontologues et leurs contributions ont été effacées. Aujourd’hui, les musées d’histoire naturelle d’Oxford et de Londres ont commencé un travail de réhabilitation.
